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L'éducation populaire

En 1792, en présentant son rapport sur l’instruction à l’Assemblée législative, Marie-Jean de Condorcet, député du Tiers-Etat, jette les bases de l’éducation populaire .








L’année suivante, toujours à la Convention, le député Louis Portiez plaide pour l’éducation de la jeunesse en la faisant sortir des murs de l’école par les voyages, l’art, la découverte de la nature et des industries… Sur bien des points, son discours annonce, à travers ce qu’on appellera plus tard « l’étude du milieu », une certaine façon d’appréhender le champ actuel des activités socio-éducatives et d’une éducation à la citoyenneté.

La création, par Jean Macé, de la Ligue de l’enseignement en 1866 représente une autre date importante.  Positiviste, il s’engage dans l’action pour combattre « l’ignorance du peuple » qui se laisse opprimer. En 1866, il publie Le Manifeste de la Ligue de l’enseignement dans lequel il défend l’idée que seule la formation des citoyens permet l’émergence de la démocratie et qu’elle est l’instrument de l’action politique. L’instruction doit être gratuite, obligatoire et laïque : elle ouvre à la raison et au progrès. Son appel est reçu par des milliers de personnes qui le plébiscitent.









Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, deux générations constituent le mouvement de l’éducation populaire : la première, encore tournée vers le Front populaire de 1936, et la seconde, plus jeune, influencée par la Résistance. la Ligue de l’enseignement mène son combat éducatif et laïque sous la présidence d’Albert Bayet 

L’accession à une vie culturelle et artistique plus riche prend une grande place. Le mouvement Peuple et Culture par exemple,  proclame dans son Manifeste (publié dès sa création en 1945) vouloir « rendre la culture au peuple et le peuple à la culture. » Travail et culture, créé par un groupe d’artistes et d’intellectuels, participe de cette démarche. Les maisons des jeunes et de la culture (MJC), fédérées par André Philip, seront longtemps emblématiques du travail d’éducation populaire, les toutes premières étant nées d’initiatives venues de la jeunesse elle-même. De plus, elles sont édifiées dans de très nombreuses communes et favorisent d’abondantes et diverses activités artistiques et socioculturelles.











Les années 1960 sont celles de « la montée des jeunes », comme dit le sociologue Alfred Sauvy, d’une forte augmentation du temps libéré pour les loisirs, d’une scolarisation généralisée et plus longue, d’un enrichissement de la population.

 Le nouveau modèle d’éducation populaire n’est plus porteur d’enjeux politiques aussi puissants qu’auparavant.  L’éducation populaire a remporté son combat fondateur pour une éducation obligatoire, laïque et gratuite.

 

Durant cette période, les activités socio-éducatives et socioculturelles, s’autonomisent de l’éducation populaire. Mais le public de l’animation est d’abord l’enfance et la jeunesse. La formation professionnelle, la mise en place d’une filière des diplômes, la relation salariale des emplois d’animation ont poussé doucement ce champ d’activités aux marges de l’engagement militant, de l’action alternative, de l’utopie créatrice.

 

 

Aujourd'hui l'Education populaire interroge  sur la nature du lien social qui fonde la collectivité nationale et sur les moyens démocratiques d’aider les citoyens les plus démunis à se saisir de leurs droits et de leurs devoirs dans la société. Elle participe à trouver des réponses à la question sociale. 

 

L’éducation populaire milite pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre, afin que chacun puisse s’épanouir et agir dans la société. Ses militants – qu’ils se nomment ou non comme tels – cherchent ensemble, débattent des réponses à donner aux questions culturelles, sociales et politiques qui surgissent du mouvement même de notre société. 

Le militant d’éducation populaire questionne la société : place et rôle de l’immigration, insertion sociale des personnes en précarité, laïcité… Sur ces sujets, l’éducation populaire essaie de mener des démarches citoyennes, de former des militants, de constituer des réseaux, de s’associer, d’agir sur les groupes…